publié le 18 juillet 2014
Nous pensons que les pro-palestiniens ont le droit de manifester!

Ce matin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve s’est prononcé en faveur de l’interdiction de la manifestation de soutien à la Palestine prévu samedi à Paris. Le ministre considère qu’il y a un risque important de troubles à l’ordre public.

Cependantl’interdiction de manifester ne se justifie que par une menace à l’ordre public qui doit être exceptionnellement grave. Si aucun acte antisémite et raciste ne doit être toléré dans notre République, celle-ci doit se donner les moyens de les sanctionner fermement. Mais en aucun cas, elle ne doit remettre en cause une liberté fondamentale, au travers d’une mesure d’exception que nous considérons disproportionnée.

La liberté de tous ne saurait être remise en cause par la volonté de sanctionner les actes présupposés d’une minorité malveillante, comme il en existe d’ailleurs et malheureusement dans de nombreuses manifestations.

La liberté d’expression et le droit à manifester pacifiquement font partie des libertés fondamentales dans notre pays. Chaque année se tient à Paris plus de 4 000 manifestations et l’interdiction du principe de rassemblement doit rester une décision véritablement exceptionnelle. Dans le cas contraire, ce serait une atteinte grave aux libertés publiques dans notre pays. C’est ici le cas.

Celles et ceux qui prétendent ne pas vouloir importer le conflit, en soutenant une mesure d’exception, n’obtiendront en fait que l’effet contraire. C’est pourquoi nous demandons avec gravité que la lumière soit faite sur les incidents survenus le 13 juillet dernier en marge de la première manifestation.

Le seul camp que la France doit choisir, c’est celui de la paix. Aujourd’hui, nous refusons la décision trop hâtive du ministère de l’Intérieur et appelons le gouvernement français à lever rapidement cette interdiction de manifester. Le précédent qu’elle constitue ne saurait être toléré dans notre République.

 

Cosignataires :

Alexis Bachelay, député des Hauts-de-Seine, porte-parole de la Gauche Forte ; Yann Galut, député du Cher, porte-parole de la Gauche Forte  ; Razzy Hammadi, député de Seine Saint-Denis ; Pascal Cherki, député de Paris ;

 

Paris, 18 juillet 2014