publié le 9 mai 2014
69ème anniversaire de la Commémoration nationale de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale

Afin de commémorer la victoire du 8 mai 1945, je me suis rendu à Bagnolet, avec les bagnoletaise et bagnoletais.

Voici mon discours :

« Monsieur le Maire, cher Tony

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Président de l’Union locale de l’Union Française des Associations d’Anciens Combattants (UFAC), et les membres de l’Association,

Monsieur le Président de l’Association Sportive et Gymnique de Bagnolet (ASGB), et les membres de l’Association,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec beaucoup d’émotion que je m’adresse à vous tous à l’occasion de cette commémoration nationale qui rappelle l’un des épisodes les plus dramatiques de l’Histoire de l’humanité.

La seconde guerre mondiale, conflit le plus vaste et le plus dévastateur que l’humanité ait connu, a débuté le 1er septembre 1939 pour se conclure le 2 septembre 1945. Elle a mobilisé plus de 100 millions de combattants de soixante et une nations différentes et fit plus de 60 millions de morts dans le monde entier. Saluons la mémoire des victimes de cette guerre et de celles et ceux qui ont lutté pour la paix et pour la liberté.

Le 8 mai 1945 est la date de la victoire des forces Alliées contre les forces de l’Axe en Europe. 69 ans après la fin de la Guerre en Europe, nous sommes présents, ici ensemble, pour commémorer ce souvenir.

« La guerre est gagnée. Voici la victoire. C’est la victoire des Nations Unies et c’est la victoire de la France. » Tels furent les premiers mots que prononça le Général de Gaulle lors de son allocution radiophonique.

Cette capitulation sans condition des forces de l’Axe a mis fin à un conflit qui fit plus de 36 millions de morts sur notre continent ; un conflit qui durant 6 années atroces a vu plus de morts parmi les civils que parmi le contingent militaire, un conflit provoqué par des règlements insatisfaits de la 1re Guerre mondiale, par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste, et Empire du Japon) , mais également par une folie idéologique : c’est un conflit qui a volontairement exterminé des millions de personnes parce qu’elles étaient juives, parce qu’elles étaient homosexuelles, parce qu’elles étaient tziganes, parce qu’elles étaient communistes, parce qu’elles étaient handicapées…, parce qu’elles ne correspondaient pas à une construction de l’  « idéal » de ce que l’être humain se doit d’être, un simulacre que la folie hitlérienne a créé, un simulacre qui opposa les Hommes entre eux que la folie hitlérienne a largement diffusé et qui a été intégré par une partie du peuple Allemand, mais qui a également été accepté par une partie du peuple Français.

N’oublions pas cette heure sombre de notre Histoire : oui, l’État français a collaboré, ne l’oublions pas. Le régime de Vichy, dont la collaboration avec l’Allemagne nazie a pris plusieurs formes : coopération économique, arrestations de résistants, de francs-maçons, et d’opposants politiques ainsi que de rafles de Juifs sur le territoire métropolitain, est un épisode douloureux de l’histoire de la France.

Parallèlement, face à cette France de la collaboration, face à la domination de l’Europe par l’Allemagne hitlérienne, souvenons-nous que la nazification de l’Europe s’est heurtée dans tous les pays à une présence de lutte active, à l’existence de toutes ces femmes, de tous ces hommes qui ont résisté à chaque niveau, qui ont dit non à cette barbarie, qui ont lutté, au prix de leur vie pour beaucoup d’entre eux, contre l’ignominie du régime nazi.

Ces femmes et ces hommes, ces résistants, qu’ils soient Français ou Allemands, ou d’autres nationalités, se sont organisé en réseau, quasiment militaire, en luttant par le sabotage, le renseignement, le rapatriement des combattants, la formation de maquis : souvenons-nous de ces grandes figures de la Résistance, comme Lucie et Raymond Aubrac, Jean Moulin, Berthie Albrecht, nos poètes et écrivains : Violette Maurice, Albert Camus, André Malraux, Stéphane Hessel, les membres de la Main d’œuvre immigrée (MOI) comme Hélène Kro et Annie Kriegel, ou le groupe Manouchian dont l’épouse de ce dernier, Mélinée

Saluons leur courage, saluons leur force. N’oublions pas non plus toutes ces personnes, ces civils, ces Résistants et ces Résistantes de l’ombre qui ont risqué leur vie en protégeant les proscrits, communistes, réfractaires, juifs, en cachant des enfants notamment, toutes ces personnes qui, par une action, un geste qui peut sembler anodin, ont contribué à cette Résistance et à redorer le blason de notre Nation. Ces femmes et ces hommes représentaient la France de l’espoir, la France de la liberté. Célébrons toutes ces femmes et tous ces hommes ; acteurs de la libération.

Ainsi, cette journée nous permet de commémorer la fin des combats, mais également le souvenir de tous ces morts qui ont combattu pour la liberté : résistants de tous pays et de toutes origines, soldats de l’armée d’Afrique, soldats des armées alliées.

Je tenais également à rappeler, que de l’autre côté de la Méditerranée, nos amis Algériens commémorent parallèlement, un triste souvenir : celui de la répression sanglante à Sétif qui fit des milliers de morts et qui laissa l’opinion indifférente. Ayons une pensée pour ces victimes, pour cette tragédie, cette page noire et méconnue de l’histoire franco-algérienne.

Il nous faut nous souvenir de ces tragédies de l’Histoire, de toutes les folies de l’Homme, ne pas les oublier et rester des citoyens en alerte, car racisme, antisémitisme, xénophobie, peurs et craintes de l’étranger sont encore malheureusement récurrents dans nos sociétés modernes où certaines populations restent encore fortement stigmatisées du fait de leurs origines ou de leur couleur de peau ou de leur orientation sexuelle. Il nous faut le dénoncer, il nous faut le combattre, et ce, quotidiennement. Notre démocratie en dépend ; en France, comme chez nos voisins européens, encore plus aujourd’hui à l’approche des élections européennes où il nous faudra lutter, en allant voter, contre la montée de la droite extrême sur notre continent.

Vive la France et vive la République.

Je vous remercie »