publié le 4 décembre 2013
Edito: La facture éducative de 10 années de droite au pouvoir

La France vient de recevoir la facture éducative de 10 années de droite au pouvoir. Les résultats de notre système éducatif, évalués par le test PISA entre 2009 et mai 2012, montrent à quel point la précédente majorité a délaissé l’éducation.

Je dénonce fermement les critiques formulées ce matin par Luc Chatel, l’ancien ministre de l’éducation nationale du précédent gouvernement de droite, pour qui l’éducation de nos enfants n’a jamais été une priorité et dont le bilan n’est autre que celui de l’abandon de l’école.

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, l’accroissement des écarts de niveau entre les élèves n’a fait qu’augmenter, avec un plus grand nombre d’élèves en difficulté et en grande difficulté ; une aggravation des déterminismes sociaux : l’école française est aujourd’hui celle des pays de l’OCDE où l’origine sociale des enfants pèse le plus lourd dans les résultats scolaires. Cette facture éducative est encore plus visible en Seine-Saint-Denis, notre Département, riche de part sa mixité sociale et son dynamisme territorial mais qui reste l’un des plus pauvres de France.

En 10 années au pouvoir, la droite n’a fait que briser notre système éducatif et accroître les inégalités (suppression de 80 000 postes, destruction de la formation des enseignants, déscolarisation des jeunes enfants, démantèlement des RASED, attaques contre les remplaçants etc.).

Nous payons aujourd’hui le prix de cette politique. Nous, élus de la majorité de gauche, agissons avec bon sens en faisant de la refondation de l’école de la République une priorité. Les réformes engagées, soutenues par l’Etude PISA, doivent être poursuivies.

En temps que député de la République, élu dans le Département le plus jeune de France, et parce que l’éducation de nos enfants à Bagnolet ou à Montreuil comme ailleurs doit être une priorité, je soutiens pleinement les travaux engagés par Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale dont la volonté est de mieux venir en aide aux élèves en difficultés mais surtout, d’élever le niveau de tous :

– priorité au premier degré, parce que c’est là que se scellent trop souvent les inégalités et les destins scolaires. Avec notamment la réforme des rythmes scolaires, qui bénéficiera en priorité aux élèves les moins favorisés, donc à notre Département

– dispositifs innovants en primaire dans les zones les plus déshéritées (plus de maîtres que de classes, scolarisation des moins de trois ans).

– liaison école-collège, moment de trop nombreuses ruptures.

– effort sans précédent sur le remplacement (avec 1 000 postes dédiés dès cette année) ; car le non-remplacement d’un professeur absent fragilise les apprentissages.

– formation des enseignants : pour qu’ils puissent aborder leur métier avec tous les outils nécessaires pour accompagner les élèves dans leurs apprentissages.

Le deuxième temps de la refondation qui commence cet hiver permettra d’amplifier ce qui a déjà été engagé avec notamment : le chantier des métiers, pour redéfinir ce que doit être l’enseignant du 21e siècle, dans le dialogue avec les organisations syndicales ; la mise en place du Conseil supérieur des programmes, pour réorganiser l’ensemble de la scolarité obligatoire (école et collège) ; la réforme à venir de l’éducation prioritaire pour qu’enfin notre pays offre les mêmes chances à tous ses enfants.

Rien, aucune polémique à visée politicienne, aucune manipulation des réformes mises en œuvre, ne doit venir freiner une politique de réductions des inégalités scolaires. Ces inégalités sont aussi territoriales et je sais que les efforts budgétaires doivent être poursuivis pour rattraper le retard accumulé pour les écoles de Seine-Saint-Denis . Je suis donc vigilant à ce que l’on accorde une attention bien spécifique aux écoles de nos quartiers populaires.