publié le 21 juin 2013
Commémoration de l’Appel du 18 juin

Ce mardi 18 juin, je commémorais avec l’ensemble des associations d’Anciens
imagecombattants l’anniversaire de l’appel du général De Gaulle depuis les studios de la BBC à Londres invitant les corps de l’armée et de la société françaises à le rejoindre dans son combat.

Un moment d’émotion partagé avec les citoyens et les anciens combattants qui avaient fait le déplacement jusqu’à la place du général De Gaulle pour se recueillir. Appelé à m’exprimer sur ce jalon de notre histoire, je vous propose de retrouver ci dessous photomon intervention, dans laquelle j’ai souhaité rappeler l’oeuvre du chef de la France Libre et l’importance de la transmission des valeurs qu’il portait.

Discours de Razzy Hammadi, 68ème commémoration de la Libération de Montreuil

Mesdames et messieurs les élus représentant le Conseil Régional, le Conseil Général et le Conseil Municipal,

M. le Président du foyer des Anciens Combattants,

Mesdames et messieurs les anciens combattants et responsables d’associations patriotiques,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers concitoyens,

Nous sommes aujourd’hui réunis pour célébrer l’appel du général de Gaulle, qui marquait un des points de départ de la Résistance face à la capitulation, qui devait donner naissance à la collaboration.

 

L’Appel du Général De Gaulle, le 18 juin 1940, prononcé depuis un studio de la BBC à Londres, faisaient entendre une voix solitaire mais audacieuse, qui s’élevait le lendemain de cette étrange défaite, et devait redonner peu à peu espoir aux opprimés de la France occupée et conviction à toutes celles et tous ceux qui refusaient l’humiliation et la barbarie du régime nazi.


 

Cet appel historique, que nous commémorons aujourd’hui fut un acte politique fondateur. Celui du courage d’un homme, capable, contre tous, de dire « non ».

 

Ouvriers, paysans, ingénieurs, soldats, officiers décidèrent de répondre à cet appel et de relever le défi que proposait De Gaulle : continuer le combat, faire la guerre à la guerre jusqu’à la victoire des forces démocratiques et républicaines.

 

Pour ces hommes et femmes qui montent de la mine et descendent des collines, qui sortent de la paille les fusils, la mitraille et les grenade, c’est l’ombre de la clandestinité et la prise de risques, ce sera le « non ».
Ils le diront, ils le feront, pour beaucoup d’entre eux, au prix de la torture et de la déportation et souvent au péril de leur vie.


 

Cet Appel du 18 juin 1940, c’est celui du choix, celui de la liberté. Un appel contre la  fatalité et la soumission. Un appel aux Hommes et Femmes pour choisir leur destin.

 

Aujourd’hui encore, nombreuses restent les forces citoyennes à porter ces valeurs par le verbe et la chair, du Mali à la Syrie.
Nous leur souhaitons de trouver le chemin de la paix dans ce combat pour les valeurs émancipatrices de justice sociale et d’humanisme.
Nous leurs souhaitons de trouver la voie de la démocratie, de la fraternité, de l’égalité et de la liberté.


 

Pour nous autres, les illustres noms de ceux qui ont su dire non de concert avec le Général de Gaulle viennent nous rappeler en un écho l’importance de cette abnégation, de ce courage, de ce sacrifice.

 

Tout citoyen doit en effet connaître la signification profonde de ces noms qui ornent notre commune, Jean Moulin, Marcel Paul ou Jacques Duclos. Le travail effectué par les associations d’anciens combattants et par les professeurs de l’Education nationale.

 

A l’heure où des centaines de lycéens montreuillois passent le baccalauréat, je me réjouis ainsi d’avoir pu porter avec de nombreux députés l’exigence d’une véritable formation de citoyen au sein de la loi sur la Refondation de l’école. Après des années de déconstruction par des gouvernements plus préoccupés par la compétition que par l’éducation citoyenne, cette réforme était nécessaire pour rappeler l’importance de l’engagement politique et citoyen dans notre histoire.

 

Car ce non, c’était aussi celui des parlementaires. Ce sont ainsi 80 députés et sénateurs qui s’opposèrent à Pétain le 10 juillet 1940, avant d’être déportés pour la plupart, et notamment à Maison Carré en Algérie. D’autres furent jugés dans des simulacres de procès qui leur offrirent parfois une tribune idéale pour exposer l’absurdité de la collaboration. Ce fut le cas de Léon Blum lors du procès de Riom, où il su démontrer l’iniquité du gouvernement vichyste et les torts de l’armée.

 

Le général lui-même connaissait l’importance de ce non, comme il l’indiquera dans son ouvrage « Au fil de l’épée », en plaçant en exergue la sentence : « Au commencement était le verbe, non au commencement était l’action ».


 

 

Ces représentants du peuple faisaient leur la Constitution de la République de 1789 et son article 37, qui précisait que « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».



 

L’intérêt supérieur de la nation, l’exigence de la liberté, la justice sociale par la participation de tous, la dignité du citoyen, et la confiance dans les destinées de notre peuple. Ce sont précisément ces valeurs que nous retrouverons dans le programme du Conseil national de la Résistance.

 

Cet héritage, nous l’avons défendu et nous le défendrons encore, avec vigilance et volontarisme. Il inclut également le droit au respect et à la tranquillité, la nécessité du dialogue et la solidarité. Aujourd’hui, cette esprit est bien vivant à France, et, plus que jamais, à Montreuil.

 

Car comme le concluait le général de Gaulle à la fin de son allocution le 18 juin : « La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »