publié le 6 décembre 2012
Réunion sur la sécurité avec les habitants quartier des Coutures

 Introduction de Razzy Hammadi :
Il n’existe pas de problème de Biffins, il existe en revanche une greffe problématique sur cette espace de la ville de Bagnolet. Dans ce quartier limitrophe à 3 communes, une coordination est nécessaire entre les vendeurs à la sauvette, qui font partie de l’Histoire, mais depuis le mois d’août l’augmentation du nombre créé une situation de tension. L’« état d’abandon » et le sentiment de désorganisation, ont nécessité une intervention de tous les pouvoirs publics. Nous sommes aujourd’hui réunis pour échanger et réfléchir ensemble aux modalités de cette action. A cette fin, je vous propose de laisser la parole aux habitants du quartier.

Cécile Aguiar, présidente de l’Association Bien vivre aux Coutures :
Les habitants ont interpellé Razzy Hammadi, notre député, afin de l’alerter sur une situation dont tout le monde semble souffrir aujourd’hui. Les personnes logées dans une situation plus que précaire, les commerçants ne pouvant plus exercer leur métier, les riverains ne pouvant plus circuler. Face à cette crise du vivre-ensemble, il nous a paru nécessaire de réagir et d’agir, d’où notre souhait de cette réunion.

Témoignages d’habitants :

  • « Deux choses me frappent, l’état de saleté du quartier, mais aussi un tas d’ordure permanent devant le tribunal »
  • « J’ai honte de recevoir des amis, nous voyons chaque jour des tas immondes, notamment sur la frontière avec le territoire de Montreuil »
  • « En bas de notre rue, des gens habitent dans des camionnettes, se servent de la rue comme urinoir, cela n’est pas viable ». « Nous payons des taxes pour la voirie, non ? Non n’avons pas les moyens de gérer la misère sociale ? Qui prend ces responsabilités ? Que faire, contacter des associations ? »
  • « Montreuilloise, travailleuse à la CNAMTS, je pense qu’une aide de l’association AMELIOR permettrait un accompagnement viable ». « L’architecture du recyclage, se basant sur les questions rencontrées au Brésil, avec l’appropriation urbaine dans favelas, des déchets et de l’exclusion qui ne font parfois qu’un, peut être une solution. Décoincer la névrose est possible. »
  • « Le problème s’étend partout dans la semaine, alors que des fêtes 3 vendredi par mois devant l’école ont lieu… » « Un effort conséquent de nettoyage est nécessaire puisque il existe des Puces de toutes façons… Des projets comme à Montreuil, d’habitat, de carré des Biffins, devraient être possible pour aider ces citoyens européens. »
  • «Un problème également de circulation, de communication avec le XXe, existe aussi. La vraie question est quel projet de rénovation de la porte de Bagnolet voulons-nous? Même les livreurs de Carrefour créent des embouteillages. »
  • « Je suis dans le quartier depuis 1968, on ne vient pas le week-end mettre des PV sur les gens des Puces »… « La situation amène à la violence, entre précaires et avec les habitants »

 

Marc Everbecq, maire de Bagnolet :
La mairie de Bagnolet met en place un dispositif de 10 Asvp le dimanche. Nous avons pris la décision en 2008, suite à une discussion à plusieurs dizaines d’habitants sur les projets d’aménagements du quartier, de définir le schéma actuel. Un réaménagement du square Varlin est envisageable cependant.

Nous pouvons prendre exemple sur l’intégration de 100 roms bulgares à accompagner à travers le centre situé au 133 rue Galliéni (Bagnolet) formant ainsi un parcours institutionnel et humain de long terme. Il faut cependant de l’argent pour le logement social et ces programmes, et nous en avons trop peu.

Frédérique Calandra, maire du XXème arrondissement de Paris :
« La responsabilité de l’Etat (et donc du préfet de Paris) couvre le domaine de la grande exclusion. Il est le seul à coordonner une action en Ile-de-France. Les biffins sont des Français logés en France, et, comme le rappelle Emmaus, 1% de notre richesse nationale est dans les poubelles ». C’est donc aussi une question d’écologie et d’économie qui se pose.

Le bon diagnostic est important : un carré des biffins n’est pas à la hauteur des enjeux.
« Que veulent les habitants pour que la générosité dure à travers l’intégration ? » Nous ne souhaitons pas gérer des favelas, mais les empêcher. La puissance publique gère l’espace publique, pour que les plus faibles ne soient pas chassés, battus. »

Maintenir les puces en état, c’est une utilisation difficile à côté. Les vendeurs à la sauvette sont des victimes de la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, mais ce phénomène est à direction européenne. Quelle action de l’Europe et de ces Etats resterait envisageable ?

La création d’emplois par la coopération et des parcours de réinsertion, au delà du logement, reste elle nécessaire, tout comme la coopération entre municipalités. Exemple de coopération nécessaire : le nettoyage et la sécurisation de la passerelle Lambaux.

Christian Lambert, préfet de la Seine-Saint-Denis :
Les Biffins font partis des traditions à garder, un lien social à privilégier, un vivre-ensemble à préserver. La présence du directeur territorial de Paris atteste de cette imbrication. L’un sans l’autre, nous n’y arriverons pas. Nous proposons des séances de travail en Préfecture si cela est nécessaire.

La sécurité n’est qu’un angle, il faut l’accompagnement de l’emploi et la coordination des mairies pour préserver nos Puces et notre urbanisme. Daniel Caneppa, préfet de Paris, pourra intervenir afin d’assurer la coordination des forces de l’ordre.

« Quand je viens dans une réunion publique, je reviens 3 mois après pour rendre des comptes » : Il faut aujourd’hui profiter des différentes facettes du problème, des centres d’insertion financée par Europe. La présence de Philippe Prunier prouve qu’il n’y a pas de limite administrative pour traiter ce problème.