publié le 17 septembre 2012
Intervention sur les emplois d’avenir

Depuis le début de cette discussion se manifeste une volonté commune, quasi unanime, de considérer que le sujet est une urgence. Le ministre Michel Sapin a appelé à ne pas prendre de position manichéenne et, comme l’a souhaité un de nos collègues de droite, nous acceptons parfaitement qu’il y ait des points de vue différents du nôtre. Mais en aucun cas nous ne pouvons accepter cette caricature selon laquelle il existerait des situations simples, financées uniquement par l’État, qui ne voudrait pas entendre parler du secteur marchand…

Ce ne sont pas seulement les idées pour l’avenir qui sont différentes, mais aussi les bilans, y compris du point de vue de certaines des critiques que vous avez formulées. Ainsi, quid du plan Espoir banlieues, qui lui, pour le coup, ne prenait pas en compte l’ensemble des territoires, ni donc l’ensemble des jeunes confrontés à des difficultés vis-à-vis du travail ? Quid des 45 000 emplois notamment marchands qu’il avait prévus ? Quid des millions d’euros dépensés en coaching, dont l’efficacité reste à démontrer ?

Je voudrais enfin rappeler quelque chose d’essentiel. J’ai entendu des élus, issus de territoires ruraux ou urbains, expliquer l’urgence de la situation lorsque le taux de chômage des moins de 25 ans explose, dépassant parfois les 70 %. J’en sais quelque chose, dans ma septième circonscription de Seine-Saint-Denis qui regroupe les villes de Montreuil et Bagnolet. Or, la volonté de ce gouvernement comme du Parlement est de répondre à cette urgence. Mais nous voulons le faire sérieusement, en considérant l’ensemble des aspects, en répondant à toutes les interrogations qui se posent à propos de l’insertion, de la formation, de la contractualisation, des effets d’aubaine, de la pérennisation, de la durée des contrats… Parce qu’il n’est pas ici question d’aumône et de bons sentiments. Si nous voulons répondre à l’urgence sociale, c’est qu’à la charité des bonnes âmes, nous préférons la justice des bonnes règles.