publié le 8 août 2012
Non cumul, exemplarité: Une question démocratique

La confiance que vous m’avez apportée le 17 juin dernier m’a engagé. Elle est précieuse et je tiens à l’honorer. Vous avez fait de moi l’un des plus jeunes députés de l’hémicycle, et le plus jeune député socialiste. Je tiens à faire partie de ceux qui apporteront un nouveau souffle à l’Assemblée, notamment dans la manière de faire de la politique.

J’ai conscience que les financements dont les élus de la République bénéficient peuvent être perçus comme des privilèges non injustifiés. Dans un souci de transparence et de clarté, je présenterai donc annuellement les dépenses engagées dans le cadre de l’indemnité de frais de mandat. Cela n’est pas la même chose que de vouloir baisser l’indemnité parlementaire, comme l’a proposé Lionel Luca dans une envolée de démagogie.

Le travail parlementaire a un coût réel, il ne faut pas le nier à des fins électoralistes, sous peine de menacer le bon fonctionnement des institutions républicaines. Mon intention est au contraire de rendre ces dépenses intelligibles sur mon mandat, car il me semble légitime que cet argent, issu des impôts de nos concitoyens, soit dépensé sous un contrôle démocratique.

Une démocratie renforcée, c’est la fin du cumul des mandats. La victoire de François Hollande a profondément renouvelé le visage des femmes et des hommes politiques. Parité, l’émergence de jeunes ministres, la France métissée, c’est cela l’audace au pouvoir. Et cela a aussi été le cas au Parlement, avec une nette progression du nombre de femmes à l’Assemblée Nationale – même si 27% de femmes à l’AN, et 38% dans les rangs du PS, ce n’est pas suffisant.

Nous sommes aujourd’hui face à un choix décisif pour la démocratie : celui de renoncer à cette tradition française du cumul des mandats qui fait qu’une petite minorité de semblables se partage le pouvoir politique – et il en va de même pour les pouvoirs économique et médiatique. Le choix c’est celui du renouvellement. Des élections locales se profilent pour 2014 et 2015 municipales, régionales, européennes. Nous, socialistes, devons être ceux qui ouvrent grand les portes de la démocratie : aux femmes, aux personnes issues de l’immigration, aux ouvriers, aux jeunes. Ces jeunes à qui l’on dit aujourd’hui qu’il faut échouer au moins trois fois avant de prétendre à quoi que ce soit. Ces femmes que l’on envoie dans les circonscriptions les plus difficiles. Ces citoyens issus de l’immigration que l’on considère rarement pour l’investiture. Ces ouvriers victimes de la monopolisation du pouvoir par les personnes soit disant plus qualifiées.

C’est pour la démocratie que nous devons agir, parce que le choix démocratique des citoyens ne peut être pipé d’avance par un calcul ou un jeu de pouvoir. Enfin, c’est une question de survie pour la démocratie. Une partie de la population française ne croît plus aux femmes et aux hommes politiques, qu’elle a souvent vu monopoliser et abuser d’un pouvoir trop précieux pour être malmené.

La fin du cumul des mandats faisait partie des principaux engagements que j’ai porté pendant la campagne législative, et je mettrai toute mon énergie à la promouvoir. En tant que Député d’une nouvelle génération, je ne peux qu’affirmer ma volonté de mettre les questions de la démocratie et de l’égalité au cœur de nos institutions, et donc de soutenir la réforme sur le non cumul des mandats, prévue par le gouvernement, qui devrait voir le jour le plus rapidement possible.

Ce combat sera rude face à la droite. Il ne manquera pas de soulever des réticences au sein même de notre famille politique. Mais il s’agit d’un impératif démocratique que la gauche devra mener à bien, appuyée par toutes les forces du progrès.