publié le 10 août 2012
« Choisir l’Europe de l’emploi et de la démocratie »

« En 2005, j’ai probablement vécu les moments les plus exigeants de mon engagement. Déchiré entre attachement à mes idéaux et volonté de préserver l’unité de la famille socialiste, j’ai choisi de suivre la direction que me dictaient mes convictions » témoigne Razzy Hammadi. Il était difficile à l’époque – plus qu’aujourd’hui – d’assumer être contre un traité européen sans être contre l’Europe.

L’austérité bat son plein en Europe. Elle appauvrit les travailleurs, marginalise les chômeurs, creuse toutes les inégalités. Ces politiques sont injustes car les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Elles sont aussi inefficaces : la situation des pays européens, en crise depuis 4 ans, ne cesse d’empirer malgré (à cause ?) les plans d’austérité successifs partout en Europe.

Aujourd’hui les jeunes d’Espagne, de Grèce, d’Italie et d’Irlande sont contraints de quitter leur pays pour espérer trouver un emploi. La jeune génération se construit dans la crise, sans avoir jamais connu autre chose. Razzy Hamamdi s’inquiète : « si nous poursuivons dans cette voie, ce n’est pas une mais deux générations qui connaîtront ce sort, alors qu’elles ont autant de talent, de détermination que les précédentes, et qu’elles n’ont jamais été aussi diplômées. »

Le traité budgétaire européen gravera cette politique dans le marbre quel que soit le choix des citoyens. La règle de limitation des déficits à 0,5% nous expose au risque de voir un budget voté de manière démocratique censuré par le Conseil Constitutionnel ou la Cour de Justice de l’UE.

Les 28 et 29 juin derniers pourtant, l’annonce de l’adossement du pacte pour la croissance et pour l’emploi au traité budgétaire éclaircissait quelque peu les perspectives européennes. Certes, 120 milliards d’euros ne suffisent pas, mais c’est un début. C’est de l’argent qui pourra être réinvesti dans les infrastructures, la transition énergétique, les PME et la réindustrialisation. Mais cet argent ne pourra nous extirper de la crise si les plans d’austérité représentent des sommes 3 fois plus importantes chaque année et non sur 5 ans. Surtout, adopter ce traité reviendrait à nier la réorientation indispensable du projet européen, voulue par François Hollande.

La gauche française est aujourd’hui à la croisée des chemins. La question du traité budgétaire, et de la menace que celui-ci fait peser sur la démocratie, se posera dès la rentrée je ne ferais pas honneur à mes convictions et mes promesses de campagne si je soutenais le traité budgétaire européen en septembre prochain

Loin d’être stérile cette position ne sera efficace que si nous proposons une direction alternative à l’Europe, qui mette fin aux inefficaces politiques d’austérité et relance enfin l’activité économique. Cette direction proposée par François Hollande lorsqu’il parle d’ « intégration solidaire », c’est-à-dire que tout transfert de souveraineté doit s’accompagner de plus de solidarité entre les Etats de la zone euro, et non de régression démocratique.